Il y a des villes qu’on aborde par la gare, et d’autres par l’oreille. Dieppe appartient à la seconde catégorie. À peine descendue du train, j’ai entendu les mouettes, puis, plus bas, ce crépitement caractéristique : les galets que la mer rattrape et lâche, encore et encore, comme un applaudissement qui ne finirait jamais.
Globe-trotteuse dès le vendredi soir, je cherchais une échappée simple, sans avion ni valise de trois jours. Dieppe a tenu parole : une ville de pêcheurs, des falaises blanches, une lumière de Manche qui change toutes les dix minutes, et le tout à environ deux heures de Paris.
La plage est à 15-20 minutes de marche de la gare !
C’est une destination idéale pour celles et ceux qui aiment les destinations simples, gourmandes et un peu iodées, pour un week-end où l’on ne cherche pas à tout visiter, mais ressentir les éléments.
Une pelouse face à la mer
Le premier réflexe, ici, c’est d’aller voir la mer. Dieppe a été l’une des toutes premières stations balnéaires de France, et ça se sent : la plage de galets s’étire le long d’une immense pelouse où l’on s’assoit, où l’on pique-nique, où l’on regarde passer les voiliers et les cerfs-volants.
Ne cherchez pas le sable fin : ici, on marche sur des galets, on s’installe sur un plaid épais, et on apprend à aimer ça. Mon conseil : un bon coupe-vent, même quand le soleil brille.
Le château qui veille sur la ville
Perché sur la falaise, le château-musée domine la ville et le port. On y vient pour les collections, notamment les ivoires sculptés qui ont fait la réputation de Dieppe, mais surtout pour la vue, qui permet de comprendre d’un seul regard comment la cité s’est dessinée entre mer et falaises.
Je suis redescendue par les ruelles en me perdant volontairement. C’est la meilleure méthode pour trouver les façades de brique, les petites boutiques et les boulangeries où l’on repart toujours avec une chose de trop.
Le port, et surtout l’assiette
Dieppe se vit à table. Sur le quai Henri IV, les terrasses des restaurants font face aux bateaux, et la carte raconte la même histoire que le port : sole, harengs, moules, et bien sûr la fameuse marmite dieppoise. À l’automne, c’est aussi la saison de la coquille Saint-Jacques, et croyez-moi, ça change tout.
Le samedi, le marché envahit le centre-ville : poissons, fromages normands, fleurs, produits de saison. J’y ai fait exactement ce que je fais dans tous les marchés, c’est-à-dire acheter bien plus que prévu.
Varengeville-sur-Mer : l’escapade dans l’escapade
À quelques kilomètres à l’ouest, Varengeville est l’endroit où je suis restée le plus longtemps sans rien dire. Son église perchée au-dessus de la mer abrite des vitraux de Georges Braque, qui repose d’ailleurs dans le cimetière marin, face à l’horizon. Pas de mise en scène : juste un lieu qui a trouvé sa place.
Non loin de là, le Bois des Moutiers déploie un jardin du début du XXe siècle, conçu avec une vraie sensibilité de paysagiste. Un peu plus loin, le phare d’Ailly veille sur la falaise. Prévoyez de bonnes chaussures et un peu de temps : ici, on marche, on s’arrête, on repart.
Envie d’y aller ?
Comptez environ 2h à 2h30 en train depuis Paris Saint-Lazare, souvent avec un changement à Rouen, ou environ 2h15 en voiture. L’automne et l’hiver sont des saisons que j’adore à Dieppe : moins de monde, un ciel dramatique, et les coquilles Saint-Jacques dans l’assiette. Pour Varengeville, une voiture ou un vélo facilitent la vie.
Pour organiser votre voyage, jetez un œil à dieppetourisme.com !
Dieppe ne cherche pas à épater. Elle se laisse découvrir, entre deux averses et trois éclaircies, avec un galet dans la poche et l’envie d’y revenir.
Et vous, êtes-vous plutôt marmite dieppoise ou coquilles Saint-Jacques ? Je suis curieuse de connaître vos bonnes adresses !